« En quelques années (…) les réseaux sociaux ont conquis une place centrale dans les usages de l’Internet. (…). En 2005, aux Etats-Unis, parmi les dix sites à plus forte audience, on comptait encore des services de ventes en ligne de grands portails commerciaux comme ebay, Amazon, Microsoft ou AOL. Mais en 2008, ceux-ci ont disparu du classement des dix premiers sites, au profit de Youtube, MySpace, Facebook, Hi5, Wikipedia, et Orkut[1] ».
Les réseaux sociaux ont démarré dans l’illégalité en 1999 pour réunir les adeptes du téléchargement illicite de musiques puis de films. A compter de 2003 leur ampleur nouvelle signifiait une volonté commune des individus de prolonger leur connexion virtuelle en une relation plus réelle. Les lancements réussis de sites de rencontre (Match.com en 1995 aux Etats-Unis et Meetic.com en 2003 en France), correspondaient à la possibilité de transformer Internet en un moteur du lien social tout en révélant symétriquement l’extrême solitude des individus des pays développés.
Les nouveaux réseaux sociaux créés depuis 2006 concernent aussi bien les individus dans leur vie privée que dans leurs milieux professionnels (LinkedIn, Viadeo en France).
Dans le premier cas, les réseaux sociaux réunissent des personnes par affinités ou proximité territoriale. Bebo et Hi5 sont des sites très bien représentés en Asie et beaucoup moins en Europe ou aux Etats-Unis à l’inverse de Facebook ou Myspace.
Les réseaux professionnels fermés poursuivent moins une ambition de communication généralisée qu’un objectif précis de facilitation ou d’accélération d’un processus d’innovation ou de commercialisation. La direction de l’entreprise Procter & Gamble avait exprimé le souhait de faire passer la part de l’innovation issue de l’extérieur de 15% à 50%. L’entreprise de biens de consommation a investi dans le site Connect & Develop qui permet aux scientifiques de l’entreprise de formuler des questions de recherches auprès de chercheurs du monde entier qui soumettent leurs réponses. Dans l’hypothèse où leur proposition est validée il leur est proposé une rémunération élevée en contrepartie de la découverte suggérée et de l’abandon de tous les droits de propriété relatifs à son exploitation.
Le réseau Connect & Develop s’est imposé en peu d’années comme une référence dans le domaine de la recherche scientifique partagée et ce site occupe une fonction de médiation dans cet univers particulier de la recherche scientifique appliquée.
[1] Technology Trends, Morgan Stanley, 20 juin 2008 in Dominique Cardon, « Les réseaux sociaux de l’Internet », Réseaux Vol. 26, 152/2008.
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