Une rapide analyse des catégories de consommation les plus emblématiques (automobiles, produits alimentaires, vêtements, produits culturels, immobilier et épargne) montre que les Français ont bien adopté un comportement de plus en plus responsable à rebours d’une quelconque culpabilité.
Les Français ont-ils ainsi tort de préférer les transports collectifs aux modes de transports individuels quand bien même le parc automobile augmente encore légèrement à 32 millions de véhicules et que le nombre d’accidents de la route ne fait que diminuer soit un comportement collectif très responsable.
En matière de consommation alimentaire, la lutte en faveur de la revalorisation du pouvoir d’achat fut le credo des hommes politiques depuis de nombreuses années. Or, les Français préfèrent les produits à cuisiner chez soi, moins onéreux, plutôt que les plats tout préparés. N’est-ce pas un comportement responsable d’attacher du temps à la préparation de ses repas plutôt que dépenser beaucoup d’argent à des plats déjà tout préparés de manière industrielle ?
Depuis 1960, la part de l’habillement dans le budget des ménages a été divisé par deux : les Français seraient coupables de la réduction drastique des effectifs dans l’industrie textile mais alors comment expliquer que les soldes qui viennent de s’achever sont étales par rapport à l’année dernière ?
Les Français seraient aussi coupables des difficultés de l’industrie culturelle nationale. Or la fréquentation des cinémas et des théâtres fut en hausse (+6 et +6,2% respectivement en 2008 vs 2007), comme l’achat de livres (+ 10% pour la bande dessinée en 2008).
Le marché de l’accession à la propriété est certes à la baisse mais à l’heure du développement durable n’est-ce pas un comportement responsable de vouloir être locataire en centre-ville plutôt que de s’endetter sur vingt ans pour acheter un pavillon éloigné en périphérie qui est une incitation à une dépense peu contrôlable eu égard à la hausse probable du prix de l’essence et au coût environnemental de cette forme d’habitat.
Les marchés financiers ont perdu prés de la moitié de leur valeur depuis leurs plus hauts de 2007. Eut-il été responsable de la part des Français de se précipiter sur les actions plutôt que d’acheter massivement en 2010 les obligations de l’emprunt lancé par EDF et dont la souscription a dû être écourtée pour cause de succès. Les Français seraient-ils par contre coupables de ne pas plébisciter l’emprunt national alors qu’ils en perçoivent encore mal l’intérêt et qu’ils sont très au fait des difficultés de l’économie nationale et notamment son endettement excessif comme le montra une étude[1].
[1]Sondage exclusif réalisé par BVA pour L'Expansion et l'Institut de l'entreprise (mars 2009). « Non seulement les Français ne sont pas nuls en économie, mais ils arrivent plutôt en tête de la classe européenne, devant les pays du nord de l'Europe, et notamment le Royaume-Uni ».
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