L’idée de la distinction renvoie aussi aux travaux du sociologue Pierre Bourdieu[1] qui insiste sur les éléments constitutifs de cette distinction. A ses yeux ce sont les capitaux économique, culturel et social, fruits de l’appartenance des individus aux classes sociales, basses, moyennes ou supérieures qui sont le ciment de la distinction. Dans le prolongement de cette hypothèse il est possible de suggérer que les phases de démocratisation permettraient de faire baisser les caractéristiques de valorisation respectueuse entre les individus alors que les périodes dites de distinction auront, au contraire, tendance à les exacerber.
Le consommateur n’est donc absolument pas responsable de la crise actuelle et il ne peut être tenu coupable par anticipation de la manière dont la France s’en sortira car sa consommation n’a pas baissé comme les valeurs immobilières (- 10% environ) et mobilières (-40% depuis juin 2007). A moins que cette volonté de le culpabiliser soit d’autant plus forte qu’elle permettrait de dédouaner et les économistes qui n’ont pas prévu la crise et les hommes politiques qui ont détourné le regard quand tout semblait aller pour le mieux. Or le modèle économique était devenu bien peu responsable d’un point de vue écologique et les Français l’ont admis lors de leur vote aux élections européennes du mois de juin 2009.
Les modalités de la consommation de demain devraient donc être analysées comme un prolongement de la société plutôt qu’une expérience exclusive et propre à une société de consommation qui serait déconnectée de manière illusoire de la société dans son ensemble[2].
La consommation des années à venir dans les pays développés pourrait donc utilement apparaître comme le fruit d’une construction collective de rassemblement plutôt que d’opposition. Dès lors les hypothèses de comportement du consommateur devront être regardées sous l’angle d’une dissolution de la consommation dans la société plutôt qu’une construction qui lui serait propre.
[1]Pierre Bourdieu, La Distinction, Critique sociale du jugement, Paris, Editions de Minuit, 1979.
[2]Catherine Rollot, « Les ménages pauvres, des clients comme les autres », Le Monde, 29 mars 2011.
Ou encore... http://www.carrefouruncombatpourlaliberte.fr/2011/10/carrefour-rien-n-a-change/
Rédigé par : LeLoup | 02 novembre 2011 à 01:33
A ce sujet de la consommation http://www.carrefouruncombatpourlaliberte.fr/2011/10/carrefour-le-mouvement-des-indignes-au-dela-les-frontieres/
Rédigé par : LeLoup | 02 novembre 2011 à 01:32