« Admettre que du point de vue de la liberté et de la démocratie, un accès direct à l’information, autant pour la fourniture que l’utilisation, sans contrôle, sans intermédiaire, ne constitue pas un progrès pour la démocratie mais au contraire une régression et une menace. Il n’y a pas de rapport entre accès direct et démocratie. La démocratie est au contraire liée à l’existence d’intermédiaires de qualité[1]».
Les nouvelles industries technologiques étaient à priori les plus éloignées des modèles traditionnels de l’industrie. Elles utilisèrent pourtant les mêmes modes d’action pour se lancer sur le marché. La presse spécialisée joua un rôle central dans l’introduction des nouveaux produits et services liés à l’économie d’Internet. Cette presse reproduisait en 1995 des méthodes employées plutôt. Successivement, les journaux automobiles du début du XXe siècle en France, la presse féminine dans l’entre deux guerre à Paris et à New York ou encore la presse pour les adolescents dans les années 1960, toutes avaient joué un rôle majeur dans le décollage de la nouvelle industrie phare de la période concernée.
Ce n’est pas un hasard si, La Longue Traîne, un des ouvrages les plus remarqués fut écrit par Chris Anderson le rédacteur en chef de Wired, la revue emblématique de cette période et le titre de son livre, reprenait celui d’un article paru initialement et qui avait été très apprécié. La méthode n’est pas nouvelle et elle reprend la formule ancienne de la revue universitaire ou littéraire dans laquelle l’auteur publie un court essai ou une brève nouvelle et qui sera amené à être prolongé en livre s’il est apprécié par les lecteurs, souvent des professionnels de l’édition ou des universitaires.
Cet enchaînement vertueux n’avait pas été mis à mal, mais seulement transformé par l’irruption des nouveaux médias audio-visuels. Les éditeurs ont appris à travailler avec la télévision en privilégiant les livres à fort rendement (les best-sellers) car un passage dans une émission de télévision garantit des ventes élevées aux ouvrages relativement consensuels au risque de gommer les créations les plus inattendues
Toutefois il sera reproché à Google de ne pas rendre à la presse le service que cette dernière lui avait rendu pour populariser son nouveau service. Au contraire c’est bien la presse écrite qui sera la plus mise à mal par l’innovation majeure de Google en matière publicitaire en drainant les revenus qui lui étaient hier destinés.
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