Le premier choix est orienté vers le consommateur ou le client et il s’agit d’un marketing générationnel qui s’adresse à des segments de consommateurs préalablement identifiés de manière très précise grâce à un recours intense à la statistique.
La seconde option privilégie le produit et c’est le marketing de l’innovation. Les organisations de vente d’entreprises à entreprises et les entreprises où la nouveauté tient un rôle crucial choisissent souvent cette voie de l’innovation c’est à dire de la différenciation. Les plus grandes entreprises, qui sont souvent aussi celles qui comptent les laboratoires de recherche et développement les plus avancés, ont les capacités et les connaissances nécessaires pour favoriser l’innovation.
Le troisième groupe accorde la priorité à la visibilité de sa (ses) marque (s) et reconnaît que leur présence dans un environnement médiatique particulièrement sollicité constitue le problème numéro un à résoudre pour augmenter ses ventes. La recherche de la différence passait par une esthétisation du message. Aussi connues sous le nom de la disruption, cette stratégie est défendue par les publicitaires qui justifient ainsi la centralité de leur métier tout en lui assurant sa croissance. Certaines entreprises d’hygiène-beauté investissent par exemple le quart de leur chiffre d’affaires en dépenses publi-promotionnelles.
En réaction à ce que d’aucuns ne manquent pas de considérer comme excessif, (une innovation « inutile », une communication « déconnectée ») des entreprises promeuvent le dénuement ou la simplification. Cette démarche est le Low-Cost, le plus souvent pour les services, ou le Hard-Discount en distribution alimentaire. Cette approche du marché apparut dans certains secteurs (transport aérien, distribution alimentaire et non-alimentaire) et se propagea à de nombreux segments de la vie économique grâce aux facilités offertes par Internet et les nouvelles technologies qui permettent de réduire les coûts de fonctionnement de manière drastique. Cette quatrième solution est le plus souvent le fait d’entrepreneurs nouvellement arrivés sur le marché tels easyJet ou Ryanair dans l’aviation européenne, ou d’entreprises indépendantes et familiales solidement enracinées sur leur marché (Aldi et Lidl en Allemagne). Dans ces deux cas, le marketing pratiqué est dépouillé et ramené au strict minimum mais son emploi est amplement médiatisé. Il peut-être considéré comme un marketing d’entrepreneuriat car la méthode de gestion est très dépouillée. Cette technique s’attache à privilégier la proximité avec les clients qui nourrit une grande intuition plutôt que les études de marché au temps long.
Dans les dernières années du siècle finissant, la discipline du marketing abrite bien des stratégies très différentes qui pouvaient d’ailleurs parfois cohabiter au sein d’un même secteur d’activité. En matière de distribution alimentaire, les « segmentants » « Super U » et les « innovateurs » Carrefour et Auchan font face au « communicant disrupteur » Leclerc, tous trois opposés aux nouveaux entrants par le biais du « hard discount », Aldi et Lidl. La coexistence d’entreprises à la stratégie aussi différenciée au sein du même secteur démontre, si nécessaire, qu’après cent ans de croissance, la discipline du marketing n’est pas unifiée et bien au contraire diverse sans qu’une stratégie ne domine de manière permanente et certaine.
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