« Il ne s’agit plus d’épargner mais de consommer. Le travail diminue (certaines industries ont adopté la semaine de 36 heures) au profit des loisirs qui ne sont plus un luxe mais un problème, une course frénétique au plaisir. En 1950, un septième du revenu national est dépensé pour occuper ces loisirs (cigarettes, bonbons, cinémas, voyages d’agrément, sport, etc …)[1]».
En France le chiffre de 13% (hors cigarettes et bonbons) sera atteint en 1990[2].
Les leçons de la crise de 1929 ont été retenues. La production de biens industriels est encadrée pour éviter les surplus et la consommation est progressivement orientée vers les services, et notamment les loisirs. Dès 1950, le commerce, les transports et les services fournissaient plus de la moitié (51,2%) du produit intérieur brut (PIB) américain.
Voyager, sortir, regarder la télévision, participer à des associations, tous les prétextes sont bons pour adhérer sous une forme ou une autre à cette société des loisirs qui se met doucement en place aux Etats-Unis puis en Europe après la deuxième guerre mondiale.
En France différentes associations et entreprises touristiques, sont créées durant cette période. La chaîne hôtelière à adhésion volontaire Logis de France est créée en 1949 et le Club Méditerranée est conçu en 1950 par d’anciens militants communistes désireux d’offrir des vacances participatives et festives aux plus grands nombres dans des villages de tentes sans porte, ni serrure. La mémoire collective mélange souvent la jeune histoire nationale et collaborative des congés payés de 1936 avec l’image de la nouvelle civilisation des loisirs importée d’Amérique, libératrice et émancipatrice.
Cette civilisation des loisirs pousse aussi à l’homogénéisation (américanisation pensent certains) des modes de vie des populations des pays développés. La convergence des modes de vie et la constitution d’une classe moyenne centrale est autant le fruit d’une consommation standardisée que la volonté effective des dirigeants des plus grandes sociétés. Chez IBM, tous les ingénieurs portent la même chemise blanche et ils vivent dans des maisons identiques implantées dans les banlieues (« abêtissantes » écrira l’essayiste américaine Betty Friedan) des plus grandes villes américaines.
Oh oui, je veux une maison IBM !
Rédigé par : Gilles | 03 décembre 2010 à 05:43