France-Espagne : je ne sais si vous avez regardé le match de football hier soir mais quel écart, quelle confiance chez les espagnols bien absente chez les Français.
Après seulement quelques minutes de jeu la différence était flagrante. Les espagnols faisaient circuler le ballon à une touche de balle faisant ainsi courir les français derrière. Or comme nous l'ont appris les brésiliens, au football c'est le ballon qui courre, pas les joueurs car il se fatiguera toujours moins vite !
La différence était criante et l'explication bien claire : les espagnols avaient confiance en chacun, ils n'hésitaient pas à se passer le ballon car chaque joueur savait pouvoir compter sur son partenaire. A l'inverse les français portaient le ballon individuellement le plus loin possible, montrant à chacun combien il avait peu confiance en son coéquipier. Or les individualités ne comptaient pas car pris isolément, poste par poste, les français sont aussi bons si non meilleurs que les espagnols mais la confiance leur fait défaut depuis déjà bien longtemps.
L'analogie avec les organisations et le marketing est intéressante : l'information remplace le ballon mais la confiance reste la même, c'est elle qui fait avancer ou non les organisations.
La rapidité de circulation de l'information dans les organisations est proche de celle d'un ballon sur un terrain de football. Celle-ci circulera d'autant mieux et vite que les membres de l'organisation auront un haut degré de confiance dans leurs collègues. A défaut s'ils la retiennent, s'ils tardent à la donner, si la direction ou des instances extérieures doivent intervenir il est facile de comprendre pourquoi l'organisation concernée fonctionne mal.
La relation entre une marque et ses clients relève de la même contrainte : comment faire circuler l'information pour que ceux-ci aient confiance dans la marque. Pourquoi Toyota a tellement tardé à libérer l'information à propos des problèmes rencontrés sur certains véhicules, pourquoi les distributeurs tardent tant à trouver des accords avec les agriculteurs ?
Or à la différence du terrain de football le moyen actuel pour faire circuler l'information existe : ce n'est pas seulement le talent d'individualités mais bien les réseaux. Fixes et mobiles, ces réseaux sont de plus en plus performants et étendus et ils sont à la portée de toutes les organisations. Si le malheur de l'équipe de France n'est pas achevé il serait souhaitable qu'il serve de contre-modèle : le talent des individualités sera toujours moins déterminant que la confiance collective qui émanera du groupe.
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