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24 février 2010

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Voici les sites qui parlent de L'ADN de la marque : une nouvelle hérésie du langage ? :

Commentaires

Thierry Maillet

Merci Charlotte pour votre commentaire qui me donne l'occasion d'approfondir une question que je sais brûlante chez beaucoup. Doit-on parler de l'ADN d'une marque et sinon quel terme utiliser pour rendre compte de l'histoire des marques ?

J'admets aisément que la proposition d'ADN est très commode car elle embrasse à la fois l'histoire et le présent tout en permettant de se projeter dans l'avenir. Néanmoins cette approche est bien trop restrictive comme le reconnaissent les scientifiques eux-mêmes : dans le débat non achevé entre inné et acquis la part de l'inné évoluerait entre 15 et 35%. Cela signifie bien que l'acquis, l'histoire qui se construit jour après jour représenterait entre la moitié et plus des trois-quarts de chacun d'entre nous. Appliqué aux marques, ce raisonnement suggére une autre approche : les marques supportent tout au long de leur histoire la relation entre l'émetteur (l'entreprise, l'organisation) et le récepteur (le consommateur, le client).

Se limiter à la notion d'ADN, comme toute autre notion telle que l'identité est forcément incomplet car omet à la fois le dynamisme inhérent à la relation et surtout le point de vue du récepteur. Or celui-ci, par essence, est à la fois forcément changeant et évolutif en fonction du contexte.

Je préfère parler de l'histoire de la marque, de son créateur, de son contexte de lancement puis de développement dans son pays d'origine puis à l'étranger, de ses succès et de ses échecs et ainsi l'inscrire dans une histoire au temps long qui ne peut se résumer à trois initiales pas plus qu'à une supposée identité.

Je terminerai par cet exemple : une marque de parfums d'un grand couturier et relativement populaire dans le monde était achetée par les femmes de plus de 50 ans au Texas, par les jeunes filles de moins de 20 ans en Corée et enfin par les femmes entre 30 et 40 ans en Europe. Comment rassembler le puzzle ? Comment définir sonéventuel ADN ? Tout dépendrait de l'auteur de ce travail d'analyse, le point de vue français n'aurait rien à voir avec les opinions coréennes ou américaines ?

Il me parait ainsi bien souhaitable, Chère Charlotte, de ne pas se limiter à des analyses forcément réductrices et au contraire d'embrasser le plus largement possible l'histoire des marques et donc des entreprises. Il est toutefois exact de signaler que ce travail est encore relativement récent en France et que son apprentissage reste à diffuser.

Charlotte_ltd

Et pourtant, recourir à la notion d'ADN permet de faire allusion à la fois à l'histoire et aux valeurs constituantes de la marque. Ne se référer qu'à des valeurs semble tout aussi réducteur. Alors quelle notion peut-on utiliser? Un "socle identitaire" par exemple?

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