Les historiens aiment bien décrire une période plus ou moins longue par l'idée du moment ce qui implique, un début et une fin. A l'inverse, nous sommes souvent convaincus que les objets qui nous entourent, les journaux que nous lisons, les constructions que nous voyons ont toujours été là et le seront pour l'éternité. S'il est un objet emblématique du XX° siècle c'est bien la télévision à laquelle les français consacreraient en moyenne 3H25 par jour selon l'institut Médiamétrie.
Or la télévision est non seulement récente en France (la majorité de la population eut accès à la télévision dans les années 60/70 soit quarante à cinquante ans seulement) mais encore que les changements de mode de vie induits par son emploi sont de plus en plus dénoncés et .... combattus.
Jusqu'à une date récente dans les campagnes les veillées venaient accompagner les longues soirées d'hiver. Les habitants du village se retrouvaient chez un des leurs pour écouter qui un conteur, qui un chanteur.
Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant une petite annonce dans le Gard pour la réhabilitation de la veillée. La communauté de communes du Pont du Gard recherche des habitants qui souhaiteraient accueillir leurs voisins pour venir écouter et participer à des veillées.
Bien sûr que ce phénomène reste faible voire inaudible à l'échelle d'un pays. Néanmoins, considérer le poste de télévision comme un objet immuable et son emploi comme figé dans le temps me semble inadapté au contexte actuel*. Au contraire la télévision pourrait être prise en tenaille entre des nouvelles technologies qui accompagnent la mobilité (internet, téléphone,...) et le plaisir (jeux vidéos) et des pratiques de sociabilité retrouvée comme la veillée.
Je vous propose aussi un avis contraire sur la télévision et son efficace résistance. Toutefois le fait que les investissements publicitaires n'y seraient plus que le double que ceux réalisés sur Internet sembleraient me donner raison sur une désaffection relative.
* : je vous recommande ce blog de sociologues sur l'observation de notre société.
Les commentaires récents