Tout d'abord un grand merci cher Philippe, jamais une note n'avait accueilli un commentaire aussi détaillé et approfondi. Toutefois permettez-moi d'émettre quelques commentaires sur votre appréciation de l'évolution de la distribution à partir de votre démarche de l'identification des signaux faibles.
- La fin de l'automobile signifie la fin de l'hypermarché.
Sommes-nous certain que l'automobile arrive à sa fin : oui telle que nous la connaissons mais la voiture individuelle (entre le scooter à trois roues et la Smart) est sûrement à venir.
L'hypermarché a été un formidable succès qui a accompagné la forte croissance des banlieues. Pourquoi ne pas imaginer que ces centre commerciaux ne deviennent de nouveaux centre-villes (construisons au-dessus) et nous referons des villes à partir d'une activité économique pré-existante. Cela n'est pas impossible si les nouvelles méthodes de construction et les nouveaux matériaux le permettent.
Alors bien sûr que les hypermarchés devront évoluer comme ils furent eux-mêmes le fruit d'une réflexion de la distribution de masse entamée au milieu du XIX° siècle avec les premiers grands magasins, poursuivis an début du XX° siècle par les magasins de hard-discount (les five and dime aux Etats-Unis, Woolworth au Royaume-Uni et qui vient de disparaître) et enfin les magasins populaires créés en France entre 1928 (Uniprix) et 1932 (Monoprix) avec Prisunic en 1931.
Les nouveaux formats de distribution prolongeront un mouvement entamé il y a déjà longtemps et imaginer le point de vente de demain est bien difficile, les formats seront sûrement multiples.
- Mais sommes nous certains que ce soit la fin de la société de consommation ?
Nous ne comptons plus les oracles qui nous ont déjà annoncé la fin de notre société de consommation. Sûrement celle-ci se produira un jour mais je la crois bien trop jeune (60 à une centaine d'années suivant les approches, soit un début en 1920 ou en 1945 en Europe et aux Etats-Unis), pour prédire sa fin. Toutefois son évolution progressive fut permanente depuis son origine et il en ira toujours de la sorte. Des mouvements lourds apparaissent imperceptibles car nous y sommes immergés. Un exemple est la multiplication par six des dépenses des ménages français consacrées à la communication au sens large (internet, télévision, téléphones). La société de consommation ne cesse donc d'avancer sans qu'il ne soit encore possible de parler de sa terminaison. Il est trop tôt.
Je parle volontiers d'évolution plutôt que de disparition car le bon maréchal-ferrant se nommait Monsieur Buick aux Etats-Unis et il fit évoluer ses cariolles en voitures et progressivement participa à la fondation de la General Motors. Plus prés de nous, les épiciers Defforey ou Fournier partis d'Annecy furent à l'origine du deuxième groupe de distribution dans le monde soit Carrefour.
Ma proposition est donc plus liée à la naturelle évolution des activités et seules les organisations qui ont le souci de l'adaptation permanente perdurent. Je préfère donc susciter la pente naturelle de l'évolution pour tous que la quête d'une rupture qui par essence n'est atteignable que par un petit nombre.
Ce commentaire sur l'évolution de l'organisation est évidemment complémentaire du progrès scientifique qui reste le plus grand moteur de notre évolution comme le montra Google et comme le prouveront les prochains Google qui commencent néanmoins le plus souvent dans des Laboratoires et non dans des organisations existantes.
Encore une fois un grand merci, cher Philippe, pour avoir nourri de manière si constructive notre réflexion.

Les commentaires récents